Les leçons de science du Pr. Eco

Depuis longtemps j’avais prévu de consacrer un jour un billet au moins à l’Île du jour d’avant, le roman quasi-intégralement épistémologique d’Umberto Eco. Cela restera au programme, mais la disparition de l’auteur contemporain le plus encyclopédique imposait au moins un bref hommage sur ces pages. Ne serait-ce que pour payer une dette, puisque c’est avec ses romans que j’ai eu le sentiment d’entrer dans l’âge des lectures « adultes ». Et parce qu’il prouve dans toute son œuvre que science et culture ne sont en rien immiscibles.

Car ce n’est finalement pas si souvent qu’un intellectuel, tout sémiologue/médiéviste/théoricien de l’esthétique ou de la réception des œuvres littéraires qu’il soit, ne dédaigne pas pour autant les sciences et techniques « dures »… Et c’est un peu comme s’il parvenait à réunir en une seule personne tout l’idéal encyclopédique de Diderot et d’Alembert. De fait on pourrait lire (entre autres niveaux de lecture) presque tous les romans d’Eco comme de petits bréviaires d’histoire des sciences. Sans compter, naturellement, ses livres « techniques », puisqu’il développe tout un essai en partant de la difficulté à classer l’ornithorynque dans le règne animal.

Umberto Eco était d’ailleurs probalement un peu geek avant l’heure, quand il écrit en 1994 la chronique Comment reconnaître la religion d’un logiciel (et dès 1995 Comment chercher du sexe sur internet !). En fait même le Pendule de Foucault (paru en 1988) avant  de tourner (comme la Terre) autour du pendule et du chœur de Saint-Martin-des-Champs, est aussi une leçon d’archéologie de l’informatique. Et nombreuses ensuite seront ses interventions sur les bénéfices et les risques engendrés par les progrès de l’informatique.

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Rendez-vous donc bientôt pour explorer un peu les sciences médiévales en compagnie de Baudolino et de Guillaume de Baskerville, les grands chamboulements du XVIIème siècle  dans le sillage de Roberto de la Grive, et le déferlement technologique au XIXème sur les pas de Jacopo Belbo…


Aller plus loin

  • C’est tous les ouvrages d’Umberto Eco que je conseillerais volontiers, mais ne retenons ici que les plus « scientifiques »: le Nom de la Rose (Poche, 2002), le Pendule de Foucault (Poche, 1992), l’Île du jour d’avant (Poche, 1998), tous traduits par Jean-Noël Schifano. Voilà déjà de quoi s’occuper un petit moment. Un tantinet plus hermétique, de la théorie de la connaissance dans Kant et l’ornithorynque (Poche, 2001). Et parce qu’il faut bien se détendre un peu aussi: Pastiches et postiches (Proche, 2005) et Comment voyager avec un saumon (Poche, 2000). Tout cela à trouver chez votre libraire préféré, qui n’est pas forcément un grand fleuve sud-américain.

 


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