Élémentaire, mon cher Adso !

Un jour par force de nature on pourra faire des instruments de navigation grâce à quoi les bateaux iront commandés par un seul homme, et bien plus vite que poussés par des voiles ou des rames; et il y aura des chariots avançant à une vitesse inimaginable, quoique sans recourir à la force animale, et des machines volantes conçues de telle façon qu’un homme assis en leur sein, en manipulant un levier, fera battre des ailes artificielles, imitant ainsi le vol d’un oiseau. Et des instruments minuscules qui soulèvent des poids infinis et des véhicules qui permettent de voyager sur le fond de la mer. [prologue]

Jules Verne ? Léonard de Vinci ? Raté: c’est écrit vers 1260, en plein cœur du Moyen-Âge, par le moine franciscain Roger Bacon, que cite l’enquêteur Guillaume de Baskerville dans le Nom de la rose.  Parmi tous les angles sous lesquels peuvent se lire les aventures du Sherlock Holmes médiéval, voyons donc celui de l’histoire des sciences ! Lecture d’autant plus utile qu’on a trop souvent tendance à faire commencer celle-ci à la Renaissance et avec le dit Léonard: très bonne occasion pour explorer un peu ce qui se faisait au tout début du XIVe siècle. Exploration d’autant plus facile que le savant Guillaume se fait un plaisir de tout expliquer au narrateur son novice, Adso de Melk.

Détective, philosophe, expérimentateur

S’il est calqué physiquement sur le détective de Conan Doyle, Guillaume doit son prénom à un autre franciscain britannique, Guillaume d’Occam, à qui il emprunte une vision du monde, et un regard sur la science et la technique qui nous semble très moderne et fort peu moyenâgeux. Occam (1245-1347), dit « le docteur invicible » est notamment connu pour avoir formulé le principe d’économie, ou rasoir d’OckhamPluralitas non est ponenda sine necessitate [les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité]. Autrement dit, les explications les plus simples sont les meilleures.

Je dirai en effet que cet homme curieux emportait avec lui, dans son sac de voyage, des instruments que je n’avais jamais vus jusqu’alors, et qu’il qualifiait comme ses merveilleuses machines. Il m’expliqua les prodiges de l’horloge, de l’astrolabe et de l’aimant. Mais au début, je craignis qu’il ne s’agît de sorcellerie, et je fis semblant de dormir par certaines nuits claires où il se mettait (un curieux triangle à la main) à observer les étoiles. [prologue]

L’autre maître du personnage créé par Eco, c’est donc Roger Bacon (1214-1294) — encore un Anglais ! et surnommé, lui, le «docteur admirable»—, précurseur à Oxford de la méthode scientifique expérimentale, et visionnaire en matière de technologies futuristes… tout ça lui ayant valu quelques ennuis avec les autorités ecclésiastiques.

Le progrès en ligne de mire

Contrairement, par exemple, à son confrère mystique Ubertin de Casale, Guillaume ne se montre donc pas défiant envers la technique (y compris manuelle, et donc censément vile), et il croit en la possibilité du progrès:

[Bacon] a enseigné qu’il n’est qu’une seule façon pour nous préparer à la venue de l’Antéchrist: étudier les secrets de la nature, se servir du savoir pour améliorer le genre humain. Tu peux te préparer à combattre l’Antéchrist en étudiant la vertu curative des herbes, la nature des pierres, et jusqu’en projetant les machines volantes dont tu te ris. [1er jour, sexte]

Et ce, en dépit de ses collègues de l’Abbaye, qui déplorent l’enrichissement des villes, l’apparition de la littérature en langue vulgaire, et le déclin des techniques ancestrales. Guillaume, lui, est au fait des tout derniers gadgets de l’époque:

– Dis-moi ce que nous faisons mieux qu’eux n’aient su faire! s’exclama Nicolas. […]
– Il n’est écrit nulle part que les maîtres verriers doivent continuer à construire des fenêtres et les orfèvres des reliquaires, si les maîtres du passé ont su en produire d’aussi beaux et destinés à durer dans les siècles. Autrement, la terre se remplirait de reliquaires, à une époque où les saints d’où tirer des reliques sont si rares, plaisanta Guillaume. Mais j’ai vu dans différents pays des ouvrages nouveaux faits avec le verre […]

Il mit les mains dans sa coule et en retira sa paire de verres qui laissèrent tout ahuri notre interlocuteur […]
Oculi de vitro cum capsula ! J’en avais ouï parler par un certain frère Giordano que je connus à Pise ! […]
Bien sûr, mais fais attention que l’épaisseur du verre doit changer selon l’œil auquel il faut l’adapter, et il faut essayer quantité de ces verres sur le patient […]
Quelle merveille ! Et cependant beaucoup parleraient de sorcellerie et de manipulation diabolique… [1er jour, vêpres]

En effet, l’âge d’or de la traduction latine des œuvres scientifiques arabes vient à peine de se terminer, et le moine franciscain n’hésite pas à s’y appuyer. Par exemple, quand il doit déchiffrer un message codé, Guillaume cite le Livre du désir frénétique du dévot d’apprendre les énigmes des antiques écritures, par le savant arabe Ibn Washiyya (un des premiers à s’être penché, au Xe siècle, sur le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens). Et s’il y a bien un domaine où ces traductions sont utiles, c’est donc en matière de lunettes, et de miroirs:

Il te faudra lire aussi quelque traité d’optique. […] Les meilleurs sont ceux des Arabes. Alhazen composa un traité De aspectibus où, avec des démonstrations géométriques précises, il a parlé de la force des miroirs. Certains d’entre eux, selon la façon dont est modulée leur surface, peuvent agrandir les choses les plus minuscules, d’autres font apparaître les images renversées, ou obliques, ou montrent deux objets au lieu d’un […] D’autres encore, comme celui-ci, font d’un nain un géant ou d’un géant un nain. [2e jour, nuit]

La soie, la poudre et les aimants

Certaines découvertes techniques ont parcouru un chemin encore plus long, puisqu’on commence à entendre parler des inventions chinoises:

On fait aujourd’hui des machines prodigieuses, dont je te parlerai un jour, avec lesquelles on peut vraiment diriger le cours de la nature. Mais malheur si elles tombaient entre les mains d’hommes qui s’en serviraient pour étendre leur pouvoir terrestre et assouvir leur soif de possession. On me dit que dans le Cathay un sage a fait un mélange avec une poudre qui peut prouire, au contact du feu, un grand grondement et une grande flamme, détruisant toute chose sur des brasses et des brasses alentour. Admirable artifice, si on l’employait à dévier le cours de fleuves ou à briser la roche là où il faut défricher la terre; Mais si quelqu’un s’en servait pour porter dommage à ses propres ennemis ? [1er jour, vêpres]

Et c’est d’ailleurs sur une autre invention chinoise, tout juste parvenue en Europe par l’intermédiaire des Arabes, qu’Umberto Eco s’étend le plus. Et pour cause, nous sommes à peine 40 ans après l’apparition de la carte pisane, le tout premier des portulans qui bientôt révolutionneront la cartographie. Or donc l’herboriste de l’Abbaye possède un aimant:

– Cette pierre ? On me l’a donnée il y a bien longtemps. On l’appelle lopris amatiti […] Tu la connais ?
– Oui, dit Guillaume, mais pas comme médicament. » Il tira de sa coule un canif, […] l’amena à une très courte distance de la pierre, je vis que la lame accomplissait un brusque mouvement. […] Et la lame adhéra à la pierre avec un léger bruit de métal.
– Tu vois, me dit Guillaume, elle attire le fer.
– Et à quoi sert-elle ? demandai-je. [2e jour, matines]

À quoi elle sert, le jeune Adso l’apprendra quand il s’agira de réussir à s’orienter dans le labyrinthe de la bibliothèque [2] :

– La machine dont je te parle indiquerait toujours la direction du septentrion, même si nous avions changé de route, et à chaque instant elle nous dirait de quel côté nous tourner.
– Ce serait merveilleux. Mais il faudrait avoir cette machine, et elle devrait être capable de reconnaître le septentrion de nuit et dans un endroit clos, sans pouvoir compter ni sur le soleil ni sur les étoiles… Et je ne crois pas que votre Bacon même possédait semblable machine ! dis-je en riant.
– Eh bien, tu te trompes, dit Guillaume, car une machine de ce genre a été construite et des navigateurs l’ont utilisée. Elle n’a pas besoin des étoiles ou du soleil, parce qu’elle tire parti d’une pierre merveilleuse, égale à celle que nous avons vue dans l’hôpital de Séverin, la pierre qui attire le fer. Et elle a étudiée par Bacon et par un mage picard, Pierre de Maricourt. […] La trouvaille la plus simple a été même décrite par un Arabe, Baylek al Qabayaki. Tu prends un vase rempli d’eau et tu y fais flotter un bouchon où tu as enfilé une aiguille de fer. Ensuite tu passes la pierre magnétique au-dessus de la surface de l’eau, en un mouvement circulaire, tant que l’aiguille n’a pas acquis les mêmes propriétés que la pierre. C’est alors que l’aiguille, mais la pierre aussi aurait pu le faire si elle avait eu la possibilité de tourner sur un pivot, se place la pointe en direction du septentrion.[…]
– Quelle merveille ! m’exclamai-je. Mais pourquoi l’aiguille pointe-t-elle toujours vers le septentrion ? La pierre attire le fer, je l’ai vu, et j’imagine qu’une énorme quantité de fer attire la pierre. Mais alors… dans la direction de l’étoile polaire, aux extrêmes limites de l’orbe terrestre, il existe de grandes mines de fer ! […] [3e jour, vêpres]

Et non, il n’y a pas de grandes mines de fer au pôle Nord… mais ce sera le thème du prochain billet ! De toute façon, les deux enquêteurs trouveront le moyen de se passer de boussole, car comme tous les expérimentateurs (ou les théoriciens, du coup ?) le savent:

Je ne sais pourquoi, mais je n’ai jamais vu une machine qui, parfaite dans la description des philosophes, se soit révélée ensuite parfaite dans son fonctionnement mécanique. [3e jour, vêpres]

Un bestiaire labyrinthique

On discute évidemment de bien d’autres domaines, mais certains sont encore assez confus. Ainsi la zoologie ne s’est pas encore bien dépêtrée de son bestiaire semi-mythologique. Le basilic est-il un simple lézard ou une étrange chimère ? La licorne est-elle vraiment le rhinocéros ? Guillaume est convaincu qu’il serait souhaitable d’arriver à une classification raisonnée, et ce faisant parvient finalement à une bonne définition de la démarche scientifique:

Imagine le cas des animaux à cornes. Pourquoi ont-ils des cornes ? Tu t’aperçois à l’improviste que tous les animaux pourvus de cornes n’ont pas de dents à la mâchoire supérieure. Ce serait une belle découverte, si tu ne te rendais pas compte que, malheureusement, il existe des animaux sans dents à la mâchoire supérieure et qui toutefois n’ont pas de cornes, comme le chameau. Enfin tu t’aperçois que tous les animaux sans dents à la mâchoire supérieure ont deux estomacs. Bon, tu peux imaginer que ceux qui n’ont pas de dents en quantité suffisante mastiquent mal et qu’ils ont donc besoin de deux estomacs pour pouvoir mieux digérer. Mais les cornes ? Alors tu t’essaies à imaginer une cause matérielle aux cornes: le manque de dents procure à l’animal une excédence de matière osseuse qui doit bien percer quelque part. Mais est-ce une explication suffisante? Non, parce que le chameau n’a pas de dents supérieures, il a deux estomacs mais pas de cornes. […]

C’était pour te dire que la recherche des lois explicatives, dans les faits naturels, procède de façon tortueuse. Devant certains faits inexplicables tu dois essayer d’imaginer un grand nombre de lois générales, dont tu ne perçois pas encore le rapport avec les faits qui te font problème: et tout à coup, dans le rapport soudain d’un résultat, un cas et une loi, se profile à tes yeux un raisonnement qui te semble plus convaincant que les autres. Tu essaies de l’appliquer à tous les cas semblables, de l’utiliser pour en tirer des prévisions, et tu découvres que tu avais deviné. [4e jour, vêpres]

La démarche scientifique

Et voilà ce qui est peut-être le plus significatif dans le roman: c’est l’héritage de Bacon, Occam et quelques autres pionniers qui, alors que se construisaient les toutes premières universités, ont théorisé la démarche d’investigation et imaginé la possibilité de découvrir des lois universelles. Et sous la plume du sémiologue Eco, notre moine franciscain est évidemment prompt à faire le lien entre la démarche scientifique et l’enquête policière: comme tenter de passer des signes parfois confus à des théories générales:

Mon bon Adso, dit le maître. J’ai passé tout notre voyage à t’apprendre à reconnaître les traces par lesquelles le monde nous parle comme un grand livre. [1er jour, prime]


Mais voilà qui n’est pas toujours aussi facile que de lire des empreintes sur la neige !

Ce sont là des faits, ensuite j’essaierai de les rattacher les uns aux autres, dans la mesure du possible, car il est malaisé de dire quel effet est donné par quelle cause […] Même s’il faut toujours tenter, comme je suis en train de le faire. [3e jour, none]

Parfois même on doit se débrouiller pour avancer à l’aveugle, notamment quand il s’agit de trouver le plan du labyrinthe avant d’y pénétrer:

Voilà le hic: nous devons trouver de l’extérieur une façon de décrire l’Édifice tel qu’il est à l’intérieur… [3e jour, vêpres]

Et voilà qui reflète assez bien la démarche des géophysiciens ou des astrophysiciens, qui sont bien obligés d’avancer sans pouvoir descendre au centre de la Terre ni disséquer une étoile ! Et comme c’est en faisant un dessin que Guillaume et Adso finissent par résoudre le mystère du labyrinthe, qu’en déduit-on ?

Omnes enim causae effectuum naturalium dantur per lineas, angulos et figuras. Aliter enim impossibile est scriri propter quid in illi, cita-t-il. Ce sont les mots d’un des grands maîtres d’Oxford. [3e jour, vêpres]

En français: car toutes les causes des effets naturels sont donnés par les lignes, les angles et les figures. Sans lesquels il est impossible de savoir quelle est leur cause. Le grand maître d’Oxford, c’est Robert Grossetête (C. 1175-1253), et son discours n’est évidemment pas sans rappeler une célèbre phrase que Galilée immortalisera… 400 ans plus tard [3] !

Le prix du savoir

Concluons notre exploration sur une dernière réflexion de Guillaume, qu’on pourrait mettre en regard des débats actuels suscités par les coûts exorbitants imposés aux universités par les éditeurs de revues scientifiques:

Le bien, pour un livre, c’est d’être lu […]
Cette bibliothèque est née peut-être pour sauver les livres qu’elle contient, mais maintenant elle vit pour les enterrer. Raison pour quoi elle est devenue source d’impiété. [5e jour, vêpres]


Aller plus loin

  • Si le roman peut faire peur au début, on peut toujours commencer par le film de J.-J. Annaud qui, s’il élague forcément beaucoup, restitue quand même remarquablement l’ambiance ! L’ancienne édition reliée contenait une Apostille de l’auteur, complément très utile à la lecture: je ne sais pas si elle est toujours incluse dans l’édition la plus récente.
  • Eco ne localise pas précisément son abbaye piémontaise (et pour cause), et les décors extérieurs du film n’existent plus. Mais si on veut faire un peu de tourisme, le portail décrit dans le roman ressemble énormément à celui de l’abbaye de Moissac, dans le Tarn-et-Garonne. Et le narrateur Adso est originaire de Melk, dont l’abbaye grandiose, à 1 h de train de Vienne (Autriche) mérite le détour.
  • L’aspect scientifique du roman va jusqu’à l’instrument même des meurtres de l’abbaye: Eco affirme avoir demandé à un ami biologiste de lui indiquer un poison ayant les propriétés requises (et avoir ensuite détruit ce courrier potentiellement compromettant…).
  • Des analyses nettement plus poussées qu’ici dans l’ouvrage critique d’André Peyronie Du livre qui tue au livre qui brûle, aux presses universitaires de Rennes.
  • Enfin si vous êtes fin latiniste, vous pouvez vous attaquer à tous les ouvrages scientifiques cités dans le roman:
    • De rebus metallicis de Roger de Hereford ;
    • Algebra de Al Kouwarismi, version latine de Robert Anglico ;
    • Tabulæ, les tables astronomiques d’Al Kuwarizmi, traduites par Adélard de Bath ;
    • De oculis, par Isa ibn Ali ;
    • De radiis stellatis d’Al Kindi ;
    • De bestiis, attribué à Hugues de Saint-Victor (dont les vers se trouvaient encore en exergue du Philosophical Magazine au XIXe siècle) ;
    • Liber monstrorum de diversis generibus (anonyme) ;
    • De aspectibus d’Alhazen ;
    • Un traité sur l’hydrophobie canine, par Ayyub al Ruhawi (auteur aussi des premiers traités d’éthique de la médecine, au IXe siècle) ;
    • De plantis (qu’il soit d’Aristote ou pas !) ;
    • Thesaurus herbarum (auteur non précisé) ;
    • Theatrum Sanitatis, d’Ububkasym de Baldach, dit aussi Abul Asan al Muktar ibn Botlan, dit encore Ellucasim Elimittar ;
    • De virtutibus herbarum, de Platearius.

    Comme le dit Adso, « presque tous de savants infidèles ». Et si on a tendance à regrouper toutes ces œuvres dans la catégorie « sciences arabes », une bonne partie est due à des savants persans, et parmi ceux-ci on a déjà vu tout spécialement ceux des confins de la culture persane en Asie centrale.


[1] Avec qui Guillaume tient également un dialogue fort docte sur les effets bons et mauvais des plantes, et la théorie des humeurs du corps humain, et les traités de médecine grecque et arabe.
[2] Laquelle s’avérera finalement (et ce n’est pas un hasard) être arrangée comme une carte du monde.
[3] Mais puisqu’on est dans l’anachronisme, Eco parvient même à déguiser en vieil allemand une citation de Wittgenstein qu’on pourrait facilement appliquer à certains artifices mathématiques: L’ordre que notre esprit imagine est comme un filet, ou une échelle, que l’on construit pour atteindre quelque chose. Mais après, on doit jeter l’échelle, car l’on découvre que, même si elle servait, elle était dénuée de sens.


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Une réflexion sur “Élémentaire, mon cher Adso !

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