Le rouge et le blanc

Il y a déjà quelque temps, on avait parlé d’un chimiste hollandais qui s’était amusé à laisser pourrir un bol d’urine pendant quelques mois (oui parce que la science, parfois, prend des chemins saugrenus). Eh bien en fait il n’était même pas le premier à jouer à ça. À la suite de l’alchimiste allemand Hennig Brandt en 1669, ils sont plusieurs à tenter une drôle d’expérience alchimique avec de l’urine putréfiée. Spoiler: pas la peine d’essayer… non, ça n’aide pas à changer le plomb en or.

Par contre, on finit par obtenir une nouvelle substance blanche ou jaunâtre, qui brille un peu dans le noir, et s’enflamme de manière très vive. À l’époque les seuls « éléments chimiques » connus le sont depuis longtemps: ce sont les métaux courants, le soufre, l’arsenic et le carbone. Cette drôle de matière blanche est toute nouvelle; on va l’appeler phosphore : un très beau mot grec pour dire « porteur de lumière ».

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Une histoire très superficielle

Les insectes qui marchent sur l’eau des étangs, les poêles anti-adhésives, la mousse au chocolat, les enfants qui soufflent des bulles, les larmes du vin, les taches d’encre sur les buvards, les gouttes de rosée sur les toiles d’araignée, les tissus déperlants, les cheerios dans le bol de lait…

Les effets de la tension de surface sont partout autour de nous. Des dizaines d’observations très faciles à faire au quotidien… et pourtant pour les explications, il aura fallu un peu de temps !

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Les échos


Notre Terre ouverte comme un abricot, découpée en 3, 4 ou 5 couches: l’image ci-dessus est familière à beaucoup de monde, notamment aux fans d’un adorable paléo-écureuil aux dents longues. Pourtant, nous l’avions déjà évoqué: le forage le plus profond jamais réalisé a péniblement atteint les 12 km de profondeur: c’est une égratignure à l’échelle du globe, et de ses 13 000 km de diamètre !

Alors si on ne peut pas creuser, comment sait-on ce qu’il y a à l’intérieur ? C’est l’illustration parfaite de ce que sont beaucoup de problèmes de physique. Vous êtes devant une boîte noire, vous ne pouvez pas l’ouvrir, comment en deviner le contenu ? Un Croate, un Allemand et une Danoise: pour la Terre, ils auront été trois à s’y coller, en à peine 30 ans, au début du siècle dernier.

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Chasseurs de fantômes

On ne voit pas assez souvent des questionnaires du genre « Quel est votre physicien préféré ? » (et c’est bien dommage). En tout cas celui que je mettrais en n°1, c’est sans hésitation Lord Rayleigh.

John William Strutt, 3e baron Rayleigh, a laissé son empreinte dans tous les domaines de la physique de la fin du XIXe siècle, et son nom à tellement de choses d’une incroyable modernité que j’en garderai la liste pour plus tard. Un chiffre seulement: la compilation de ses articles occupe plus de 3 500 pages ! Pourtant la première ligne de toutes ses biographies, c’est toujours son prix Nobel de physique (1904). Puisque son œuvre était alors plutôt derrière lui, peut-être était-ce un salut à l’ensemble de sa carrière… mais officiellement ce prix récompensait une découverte qui passerait presque inaperçue dans son interminable curriculum[1].

Donc, évidemment, c’est de celle-ci qu’on va parler. Lire la suite

La plus petite pièce de la mosaïque

Semper_Augustus_Tulip_17th_centuryEn 1617, dans la jeune république des Pays-Bas, le siècle d’or de la peinture commence tout juste et la culture de la tulipe est en plein boom. C’est cette année-là qu’apparaissent pour la première fois dans les catalogues des fleuristes de nouvelles variétés à fleurs « panachées »: elles présentent de jolies marbrures de différentes couleurs, comme sur le dessin ci-contre. Ces nouveaux motifs font fureur, mais restent très rares parce que difficiles à reproduire: la panachure n’affecte pas les graines.

Il ne faut que quelques années pour que la mode s’emballe complètement. En 1623 un bulbe coûte plusieurs mois de salaire; en 1633 plus cher qu’une demeure bourgeoise à Amsterdam. Inévitablement, la première bulle spéculative européenne finit par éclater en 1637.

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À Göttingen, à Göttingen

Comme c’est aujourd’hui le 20ème anniversaire de la mort de Barbara, c’est le moment de faire un petit billet en musique, et sur un sujet autour duquel on a déjà tourné depuis un certain temps: Göttingen. Comme le chante Barbara, c’est une charmante petite ville en plein milieu de l’Allemagne. Pas très grande: quelque chose comme Orléans, Besançon ou Perpignan. Et pour autant, son université Georg-August est la plus célèbre du pays.

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Le test de paternité

Ces derniers temps, j’ai l’impression qu’au milieu d’une étrange résurgence de terres plates et de complots apolliniens, on observe de plus en plus souvent une autre curiosité: aussitôt le nom d’Einstein mentionné, il se trouve quelqu’un pour lancer un commentaire plein de subtilité du genre « cet Einstein n’est qu’un voleur et un imposteur, il a tout pompé sur Poincaré[1]/sur Lorentz/sur Hilbert[2], etc ». Et c’est énervant, pour plusieurs raisons.

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L’ordre des botanistes

Le 10 décembre 1848 est une date importante: c’est celle de la toute première élection présidentielle en France [1]. Mais non moins importante pour l’Histoire fut le 11 décembre, date à laquelle l’Académie des Sciences tenait sa séance, et où Auguste Bravais présentait un travail qui allait devenir le socle fondateur de la cristallographie. À partir d’arguments purement géométriques, il montre qu’il existe 14 réseaux cristallins — pas un de plus, pas un de moins —, qui déterminent toutes les structures possibles pour les minéraux. À l’intersection de la géologie, de la chimie et de la géologie et de la physique, la cristallographie est désormais pourvue d’une base mathématique solide, et lancée sur de bons rails.

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Vies parallèles

À côté de la thermodynamique et de l’électromagnétisme, la mécanique des fluides mérite certainement de faire partie des plus beaux monuments de la physique du XIXe siècle. Et comme c’est quasiment toujours le cas, ces trois monuments ont été de labyrinthiques et patientes constructions collectives. Collectives, et parfois remarquablement simultanées ! Voyons les destins de deux scientifiques qui vont parvenir au même résultat, en même temps, mais par des chemins fort dissemblables.

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