Le portrait effacé

Il est le premier à avoir imaginé la loi de la gravitation universelle. Il a révolutionné la mécanique, l’optique et tous les domaines de ce qui deviendra la physique moderne, voire peut-être même la biologie. Il a été le pionnier de la démarche expérimentale, et le pivot de la communauté scientifique anglaise de la fin du XVIIe siècle. Et ce n’est pas Newton.

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La chandelle et le phare

Il fait plutôt beau pour une fin octobre, et avec l’arrivée d’Orion on a d’autant plus envie de s’éloigner de la ville pour lever les yeux vers le ciel nocturne. Le froid pique un peu, et partout au-dessus de nous les étoiles scintillent. C’est normal: la turbulence dans l’atmosphère nous donne l’impression qu’elles gigotent un tout petit peu, mais elles ne clignotent pas vraiment. À moins que… ? Lire la suite

L’astronome et le sultan

Et maintenant, promène ton regard sur Samarcande !
N’est-elle pas reine de la terre,
Fière, au-dessus de toutes les villes,
et dans ses mains leurs destinées ? [1]

 

Aujourd’hui nous partons (à dos de chameau) sur les routes de la soie, pour une destination un peu oubliée de l’histoire des sciences. Entre la Caspienne, (feue) la mer d’Aral et les montagnes afghanes, les beaux noms de Transoxiane, Sogdiane, Chorasmie, Bactriane hantent les cartes de Ptolémée et les récits d’Hérodote, et gardent le parfum des amours d’Alexandre et Roxane. Et ce Hinterland de la Perse [2], au confluent des cultures turque, indienne, chinoise, iranienne, a connu une prolifique floraison mathématique et astronomique entre le IXe et le XVe siècles.

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Longitude: zéro

Aujourd’hui nous sommes dans l’East End londonien, au-dessus d’une boucle de la Tamise, en face des docks de l’île aux Chiens, aujourd’hui reconvertis en quartier d’affaires. Depuis la rive on aperçoit, au fond d’un joli parc arboré comme savent en faire les Anglais, un modeste bâtiment de brique, surmonté d’une grosse boule rouge sur un mât. Nous sommes à Greenwich: origine de l’espace, et origine du temps.

Le problème du siècle

L’Observatoire Royal de Greenwich est fondé en 1675 par le roi d’Angleterre Charles II. Dans quel but ? Perfectionner les mesures astronomiques avec les meilleurs instruments de l’époque. Mais pourquoi la position des étoiles intéresse-t-elle tant la Couronne britannique ? Parce qu’elle espère prendre un avantage décisif sur les mers, en trouvant la solution à un vieux problème, après lequel toutes les puissances européennes courent depuis longtemps: le roi Philippe II d’Espagne proposait déjà en 1598 une récompense à qui le résoudrait. Galilée, Newton, Halley, Huygens, Römer, Cassini… tout ce que l’Europe compte de savants renommés s’y seront attaqués. En vain.

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L’île aux étoiles

Au nord de la « riviera » danoise, dans les brumes d’Elseneur (Helsingør), le château de Kronborg est toujours hanté par le fantôme de Hamlet. Et encore aujourd’hui on peut y voir quelques vieux canons, tournés vers Helsingborg, sur la rive opposée du détroit. Si aujourd’hui le voisinage est paisible, ce ne fut pas toujours le cas: ce détroit de l’Øresund, en tant que principale voie d’entrée vers la mer Baltique, a longtemps été disputé entre Danemark et Suède; jusqu’en 1658, ses deux rives étaient danoises. Depuis la côte, on distingue aussi, au milieu du détroit, une petite île toute plate derrière sa falaise: Ven.

ven

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La descente aux Enfers

Aujourd’hui il ne reste au milieu de la toundra qu’un morceau de tuyau fermé par des boulons rouillés, oublié parmi les gravats. Et pourtant, ce coin perdu de l’Arctique russe a vu se dérouler l’une des plus fascinantes « expéditions » scientifiques: le Voyage au Centre de la Terre !

L’intérieur de la Terre a toujours été (et reste) une région difficile à explorer: historiquement, le noyau de la Terre a été découvert après l’électron, qui est pourtant nettement plus petit [1] ! C’est pourtant une obsession qui à la fois fascine et effraie, et depuis longtemps, jusque dans la fiction: des descentes d’Hercule, Orphée, Énée ou Dante aux Enfers, jusqu’aux mines inexorables creusées par les nains de Tolkien, c’est rarement une promenade de santé que l’exploration des entrailles de la Terre. Chez Jules Verne, le voyage est quand même un peu plus prosaïque et mieux organisé: dans Voyage au centre de la Terre, son équipe de scientifiques-aventuriers s’enfonce dans les galeries sous-terraines du volcan Snæfellsjökull, dans le Nord-Ouest de l’Islande, pour tenter de gagner les profondeurs. Lire la suite