Morale du joujou

Voilà une image qui, presque autant que la photo de classe de 1927, fait partie des icônes de la physique du XXe siècle. Avec deux messieurs habillés très sérieusement, dont on devine que les genoux ne sont plus très souples mais dont ne voit pas bien les visages. À droite, tignasse blanche, c’est le Danois Niels Bohr. À gauche, cheveux noirs clairsemés, c’est l’Autrichien Wolfgang Pauli. Ensemble ils symbolisent les deux générations successives qui ont chamboulé toute la physique au début du siècle. L’un a eu le prix Nobel en  1922, l’autre en 1945. Et là nous sommes en Suède, en 1954: les deux jeunes prodiges de la mécanique quantique sont devenus des monstres sacrés, ils sont venus inaugurer un nouvel Institut de Physique… et ils jouent avec une toupie.

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La montagne du roi

« Il est des lieux où souffle l’esprit »: voilà pour la citation chic de début d’article. Et celle de Maurice Barrès est d’autant plus adéquate ici qu’elle ouvre le roman intitulé La Colline inspirée ! Tout ce qu’il nous faut pour parler d’une petite montagne qui a nourri nombre de « génies du lieu » ! Certes, quand on dit Kaliningrad, son nom moderne, ça n’évoque pas grand chose. Mais si on entend Königsberg, c’est tout un imaginaire à la fois familier et brumeux: le duché de Courlande, les chevaliers teutoniques, les villes de brique rouge de la Hanse, le « pays noir et blanc » du Roi des aulnes de Michel Tournier. Et pour tous les mathématiciens du monde, évidemment, 7 ponts.

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