Do you speak science ?

Retour à Babel: la conclusion de ce vieux billet, c’était que depuis quelques décennies les publications scientifiques ont trouvé leur nouvelle lingua franca… et pas de surprise, c’est l’anglais ! Au point que, comme ailleurs, l’excès d’anglicismes dans un texte scientifique français finit parfois par agacer. Bon, mais est-ce à dire qu’on s’ennuie dans un mono-linguisme déprimant ? Pas tout à fait. Évidemment, le langage scientifique a toujours fabriqué beaucoup de mots avec des racines grecques et latines, mais ceux-là finissent par passer inaperçus. Mais heureusement, les autres langues n’ont pas encore complètement abandonné le terrain !

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Le vrai nom de la Bête

Voilà donc que le petit dernier dans l’impitoyable famille des réseaux sociaux a choisi un nom qui le destine peut-être à devenir l’équivalent des poids lourds d’internet: Mastodon. Version anglaise curieusement élaguée du mastodonte, terme qui en français a complètement perdu son sens originel pour devenir au sens figuré un synonyme de «personne ou objet de proportions gigantesques». Repartons donc sur les traces de la grosse bête pour une petite exploration paléonto-étymologique !

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Le père de Mars

À l’heure où j’écris ces lignes on ne sait toujours pas bien ce qu’il est advenu du petit module Schiaparelli, envoyé se poser sur Mars par la mission ExoMars de l’Agence Spatiale Européenne. Mais, mort ou vif, c’est une bonne occasion de chercher d’où vient un nom aussi peu familier ! Cherchant donc sur google, on a la surprise de tomber sur une maison de haute couture italienne… ce qui n’est pas si saugrenu, puisqu’elle a justement été fondée par la nièce d’un astronome ! Et celui-ci, Giovanni Schiaparelli, est rien moins que le père (peut-être malgré lui) de toutes les mythologies martiennes.

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L’astronome et le sultan

Et maintenant, promène ton regard sur Samarcande !
N’est-elle pas reine de la terre,
Fière, au-dessus de toutes les villes,
et dans ses mains leurs destinées ? [1]

 

Aujourd’hui nous partons (à dos de chameau) sur les routes de la soie, pour une destination un peu oubliée de l’histoire des sciences. Entre la Caspienne, (feue) la mer d’Aral et les montagnes afghanes, les beaux noms de Transoxiane, Sogdiane, Chorasmie, Bactriane hantent les cartes de Ptolémée et les récits d’Hérodote, et gardent le parfum des amours d’Alexandre et Roxane. Et ce Hinterland de la Perse [2], au confluent des cultures turque, indienne, chinoise, iranienne, a connu une prolifique floraison mathématique et astronomique entre le IXe et le XVe siècles.

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La première équation

Nombreux sont ceux qui font la grimace en les voyant, ou même des cauchemars en y repensant. Si ceux-ci n’y voient que des hiéroglyphes barbares, d’autres parviennent à en percevoir la beauté ou le pouvoir, et passent leur vie à en écrire des pages et des pages. Que vous les aimiez ou pas, nul ne peut plus s’en passer: notre monde est tout entier bâti sur des équations. Et, finalement, les uns comme les autres n’y font presque plus attention: tout le monde regarde E=mc² comme un objet familier.

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Les clous dorés

Vous faites une randonnée dans les Alpes-de-Haute-Provence, le Tyrol autrichien ou sur la côte basque. Et là, sur un bout de falaise, vous tombez sur un énorme clou doré, un peu comme ça:

Non, ce n’est pas une borne cadastrale gallo-romaine. Ni la balise oubliée d’une course d’orientation. Et non, inutile d’essayer de le rapporter à la maison: vous n’avez pas gagné un an de fournitures dans un magasin de bricolage.

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A rose by any other name…

tetrisLe 30 décembre 2015, l’Union Internationale de Chimie Pure et Appliquée a confirmé la complétion de la 7ème ligne du tableau périodique de Mendeleïev, avec l’adoption de 4 nouveaux atomes lourds ayant été observés (quelques fractions de seconde) dans des accélérateurs de particules. En attendant leur baptême définitif par leurs découvreurs respectifs, ces derniers-nés portent encore les doux noms provisoires de ununtrium, ununpentium, etc. Mais d’où viennent les noms des 114 autres ?

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L’étrange destin scientifique de quelques vieux mots grecs

asterix1Aujourd’hui, l’usage du latin et du grec se perdant inexorablement, il devient rare que la science produise encore des mots nouveaux autrement qu’en concaténant des mots anglais ou en empilant des sigles. Ainsi les articles scientifiques parleront plus volontiers de foam dynamics (dynamique  des mousses) que d’aphrodynamics [1]. Jusqu’au début du XXe siècle en revanche, on a vu fleurir les microscopes, les cinématographes et autres thermomètres.  Toutefois si ces mots paraissent asterix2transparents dans leur étymologie, ce n’est pas toujours le cas: d’étranges racines sont parfois venues se nicher au sein du vocabulaire scientifique.

Un premier exemple: électron, électricité, électronique. Autant de noms qui sonnent comme la modernité même. Et pourtant tous sont issus du grec ἤλεκτρον, qui signifie… l’ambre jaune !

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