Trois gouttes d’huile

Pour faire des découvertes en physique, est-ce qu’il faut forcément un télescope de 10 mètres de diamètre, un microscope électronique à balayage ou un accélérateur de particules de 25 km de long ? Même pas ! Dans plein de domaines de la physique, même subatomique, on peut faire plein de choses avec trois fois rien. Enfin, juste quelques gouttelettes.

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Jurassic Park reboot — DINO HUNTERS

Vous n’y avez sûrement pas échappé: en ce moment les dinosaures sont partout. Il y a un T. rex au Jardin des Plantes à Paris; en même temps sort le n-ième volet d’une série dans les salles de cinéma… et ce n’est peut-être pas un hasard, puisque cela fait aujourd’hui tout juste 25 ans qu’est sorti le premier Jurassic Park. Ce n’est pas que dans le scénario que le film de Spielberg ressuscitait les dinosaures: pour toute une génération, c’était le renouveau d’une mythologie paléontologique[1] un peu endormie depuis le Monde perdu de Conan Doyle et ses dérivés. Mais puisque c’est la mode des reboots, sacrifions-y et revenons aux sources !

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Géographies évanouies

Inventer des géographies, ça fait partie des grands plaisirs de l’imaginaire. On aime parcourir les cartes de la Terre du milieu, les continents biscornus de Game of Thrones ou les archipels extraterrestres d’Aldébaran. Le dessin de la carte est le premier ingrédient indispensable quand on met en place un jeu de rôle ou une partie de Civilization. Et depuis qu’on peut (indirectement) explorer d’autres planètes, c’est naturellement devenu une des premières choses qu’on y fait: on s’imaginait voir des océans sur la Lune et sur Mars, et on se dépêche de baptiser les grandes régions de Pluton maintenant qu’on a reçu les fabuleuses images de la sonde New Horizons. Peut-être trouve-t-on là le même plaisir d’explorateur frustré qu’on ressent quand on découvre les géographies pas toujours très réalistes sur les cartes anciennes, où l’Amérique n’a pas encore de côte ouest, et où la terre australe inconnue est plus grande que l’Afrique. Parce qu’il faut bien s’y résoudre: depuis quelque temps, sur Terre, les cartes des continents sont complètes, (trop) familières et désespérément statiques.

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Le monstre ressurgi

Le jour se lève tout juste sur l’Océan Indien, ce matin du 22 décembre 1938. Au large du petit village de Kayser’s Beach, sur la côte orientale de l’Afrique du Sud, le bateau de pêche Aristea remonte une dernière fois ses filets avant de rentrer au port. Sur le pont s’étalent pas moins de 3 tonnes de poisson. Et dans la masse de moins en moins frétillante, un drôle de monstre bleuté. 1,5 mètre de long. 60 kg. Des nageoires hérissées de pointes et une gueule encore prête à mordre, malgré les heures passées hors de l’eau !

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Le vrai nom de la Bête

Voilà donc que le petit dernier dans l’impitoyable famille des réseaux sociaux a choisi un nom qui le destine peut-être à devenir l’équivalent des poids lourds d’internet: Mastodon. Version anglaise curieusement élaguée du mastodonte, terme qui en français a complètement perdu son sens originel pour devenir au sens figuré un synonyme de «personne ou objet de proportions gigantesques». Repartons donc sur les traces de la grosse bête pour une petite exploration paléonto-étymologique !

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Les continents flottants

Les journaux ont récemment relayé un article paru dans la revue de la Société Géologique Américaine (GSA): les géologues considèrent que la Terre possède désormais un nouveau continent, Zélandia. Un continent paradoxal, puisqu’il est presque entièrement recouvert d’eau: ses seules émergences seraient les îles de Nouvelle-Zélande et de Nouvelle-Calédonie. Et si cette annonce [1] a fait autant de bruit, peut-être que le mythe de l’Atlantide et l’image toujours prégnante des continents engloutis n’y sont pas pour rien…

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Les œufs du griffon

À l’origine était la Chimère des mythes grecs: un lion à queue de serpent, qui possédait en plus une tête de chèvre sur son dos (et, pour faire bonne mesure, crachait du feu). Elle dévastait la région de Lycie, sur la côte d’Asie mineure, et c’est le héros Bellérophon — lui-même monté sur un cheval ailé — qui se chargea de l’en débarrasser. Et l’éponyme des animaux hybrides n’est qu’un exemple parmi tous ceux qui peuplent les bestiaires antiques et médiévaux [1]: le griffon combine le lion et l’aigle; le basilic le coq et le serpent, etc. Même la version antique de la licorne est très hybride: Pline lui donne un corps de cheval, une tête de cerf, des pattes d’éléphant et une queue de sanglier !

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Le père de Mars

À l’heure où j’écris ces lignes on ne sait toujours pas bien ce qu’il est advenu du petit module Schiaparelli, envoyé se poser sur Mars par la mission ExoMars de l’Agence Spatiale Européenne. Mais, mort ou vif, c’est une bonne occasion de chercher d’où vient un nom aussi peu familier ! Cherchant donc sur google, on a la surprise de tomber sur une maison de haute couture italienne… ce qui n’est pas si saugrenu, puisqu’elle a justement été fondée par la nièce d’un astronome ! Et celui-ci, Giovanni Schiaparelli, est rien moins que le père (peut-être malgré lui) de toutes les mythologies martiennes.

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Le tombeau perdu de Syracuse

Profitons de l’été finissant et des dernières chaleurs pour une petite virée touristique en Sicile en compagnie, excusez du peu, de Cicéron. En l’an 709 de Rome (45 av. J.-C.), Marcus Tullius Cicero, ancien consul et père de la patrie, fête ses 60 ans et profite de sa retraite politique dans sa luxueuse villa de Tusculum, près de Rome. Des conversations philosophiques qu’il tient avec ses invités, il tire de nombreux ouvrages,  dont le recueil de dialogues Les Tusculanes. Dans un court passage de celui-ci, il se remémore sa jeunesse, quand il commençait sa carrière politique en tant que questeur (chargé du Trésor public) dans la province de Sicile:

Pendant que j’étais questeur en Sicile, je fus curieux de m’informer de son tombeau à Syracuse, où je trouvai qu’on le connaissait si peu, qu’on disait qu’il n’en restait aucun vestige; mais je le cherchai avec tant de soin, que je le déterrai enfin sous des ronces et des épines. Je fis cette découverte à la faveur de quelques vers, que je savais avoir été gravés sur son monument, et qui portaient qu’on avait placé au-dessus une sphère et un cylindre. M’étant donc transporté hors de l’une des portes de Syracuse, dans une campagne couverte d’un grand nombre de tombeaux, et regardant de toutes parts avec attention, je découvris sur une petite colonne qui s’élevait par-dessus les buissons, le cylindre et la sphère que je cherchais. 

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