Les oubliés des paillasses

Quand les scientifiques veulent rendre hommage à un de leurs brillants collègues, ils baptisent quelque chose à son nom. Une bestiole, une plante, une maladie qu’il a décrite; un théorème qu’il a démontré; l’équation ou la théorie entière qu’il a établie; la constante qu’il a introduite. Peut-être est-ce la consécration ultime: nombre de physiciens sont même  devenus des noms communs à travers une unité de mesure[1].

Et puis il y a des hommages plus discrets, pour des contributions peut-être plus modestes, mais qu’on utilise tellement tous les jours dans tous les labos du monde… qu’on en a fini par oublier qui étaient leurs auteurs ! On va faire un petit top 7 pour réparer ça.

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Do you speak science ?

Retour à Babel: la conclusion de ce vieux billet, c’était que depuis quelques décennies les publications scientifiques ont trouvé leur nouvelle lingua franca… et pas de surprise, c’est l’anglais ! Au point que, comme ailleurs, l’excès d’anglicismes dans un texte scientifique français finit parfois par agacer. Bon, mais est-ce à dire qu’on s’ennuie dans un mono-linguisme déprimant ? Pas tout à fait. Évidemment, le langage scientifique a toujours fabriqué beaucoup de mots avec des racines grecques et latines, mais ceux-là finissent par passer inaperçus. Mais heureusement, les autres langues n’ont pas encore complètement abandonné le terrain !

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La plus petite pièce de la mosaïque

Semper_Augustus_Tulip_17th_centuryEn 1617, dans la jeune république des Pays-Bas, le siècle d’or de la peinture commence tout juste et la culture de la tulipe est en plein boom. C’est cette année-là qu’apparaissent pour la première fois dans les catalogues des fleuristes de nouvelles variétés à fleurs « panachées »: elles présentent de jolies marbrures de différentes couleurs, comme sur le dessin ci-contre. Ces nouveaux motifs font fureur, mais restent très rares parce que difficiles à reproduire: la panachure n’affecte pas les graines.

Il ne faut que quelques années pour que la mode s’emballe complètement. En 1623 un bulbe coûte plusieurs mois de salaire; en 1633 plus cher qu’une demeure bourgeoise à Amsterdam. Inévitablement, la première bulle spéculative européenne finit par éclater en 1637.

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Les œufs du griffon

À l’origine était la Chimère des mythes grecs: un lion à queue de serpent, qui possédait en plus une tête de chèvre sur son dos (et, pour faire bonne mesure, crachait du feu). Elle dévastait la région de Lycie, sur la côte d’Asie mineure, et c’est le héros Bellérophon — lui-même monté sur un cheval ailé — qui se chargea de l’en débarrasser. Et l’éponyme des animaux hybrides n’est qu’un exemple parmi tous ceux qui peuplent les bestiaires antiques et médiévaux [1]: le griffon combine le lion et l’aigle; le basilic le coq et le serpent, etc. Même la version antique de la licorne est très hybride: Pline lui donne un corps de cheval, une tête de cerf, des pattes d’éléphant et une queue de sanglier !

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