Une histoire très superficielle

Les insectes qui marchent sur l’eau des étangs, les poêles anti-adhésives, la mousse au chocolat, les enfants qui soufflent des bulles, les larmes du vin, les taches d’encre sur les buvards, les gouttes de rosée sur les toiles d’araignée, les tissus déperlants, les cheerios dans le bol de lait…

Les effets de la tension de surface sont partout autour de nous. Des dizaines d’observations très faciles à faire au quotidien… et pourtant pour les explications, il aura fallu un peu de temps !

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Chasseurs de fantômes

On ne voit pas assez souvent des questionnaires du genre « Quel est votre physicien préféré ? » (et c’est bien dommage). En tout cas celui que je mettrais en n°1, c’est sans hésitation Lord Rayleigh.

John William Strutt, 3e baron Rayleigh, a laissé son empreinte dans tous les domaines de la physique de la fin du XIXe siècle, et son nom à tellement de choses d’une incroyable modernité que j’en garderai la liste pour plus tard. Un chiffre seulement: la compilation de ses articles occupe plus de 3 500 pages ! Pourtant la première ligne de toutes ses biographies, c’est toujours son prix Nobel de physique (1904). Puisque son œuvre était alors plutôt derrière lui, peut-être était-ce un salut à l’ensemble de sa carrière… mais officiellement ce prix récompensait une découverte qui passerait presque inaperçue dans son interminable curriculum[1].

Donc, évidemment, c’est de celle-ci qu’on va parler. Lire la suite

Garçon, un demi citron !

S’il vous est déjà arrivé de boire quelques bières, il y a de fortes chances pour que l’une d’elles vous ait été fournie par le mastodonte danois de la brasserie: une énorme compagnie qui remonte à 1847, compte plus de 40 000 employés, fait 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel, et commercialise aussi bien la Kronenbourg française que la Grimbergen belge, la Feldschlösschen suisse… et celle dont le groupe porte le nom: la Carlsberg. C’est bien joli tout ça, me direz-vous, mais quel est le rapport avec l’histoire des sciences ?

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Deux poids, deux mesures

Ça fait longtemps que j’ai très envie de commencer un billet par une vidéo des Monty Python. Et puis bon, c’est la fin de l’année. Alors je le fais:

Maintenant trouvons un prétexte pour justifier l’intérêt de cette merveilleuse (à moins qu’elle ne soit un peu bancale ?) démonstration de raisonnement logique : on va parler de… balance. Tu parles d’un concept révolutionnaire ! Et bien on va quand même essayer d’en dire 2 ou 3 petites choses.

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CSI: Woolwich

Pendant des siècles, l’arsenic a été « le roi des poisons et le poison des rois ». Il est relativement facile à extraire de certaines roches: on le trouve sous la forme d’un sulfure jaune, l’orpiment, qui comme son nom l’indique peut servir de pigment doré. Au Moyen-Âge on réussit, en calcinant ce minéral, à produire de l’oxyde d’arsenic. Soit une poudre blanche très toxique, et de surcroît parfaitement inodore: parfait pour tuer les souris dans la cave, donc, mais aussi facile à dissoudre dans le vin ou la soupe. Et en plus, les symptômes de l’empoisonnement ne sont pas très spécifiques: diarrhées, vomissements, crampes… à une époque où les épidémies sont courantes, comment distinguer un assassinat d’une fièvre quelconque ou d’une attaque de choléra ?

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Le sel de la vie

Quelquefois, en feuilletant de vieux bouquins en latin, on tombe sur des recettes pas très appétissantes:

  • Prenez de l’urine très fraîche, obtenue en fin de digestion chez un homme en bonne santé.
  • Sur un feu à 200 degrés, faites évaporer dans un récipient propre, jusqu’à obtenir la consistance d’une crème.
  • Filtrer à travers un tissu et placer le liquide huileux au frais, dans un récipient fermé par du papier, pendant un an.
  • On obtient alors, au fond, une couche de quelques pouces d’un solide marron et translucide, surmontée d’un liquide noir et épais [1].
  • Filtrer le liquide et isoler la masse solide; la laver dans l’eau froide, puis la dissoudre dans l’eau chaude et enfin laisser recristalliser. Renouveler la purification si nécessaire.

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A rose by any other name…

tetrisLe 30 décembre 2015, l’Union Internationale de Chimie Pure et Appliquée a confirmé la complétion de la 7ème ligne du tableau périodique de Mendeleïev, avec l’adoption de 4 nouveaux atomes lourds ayant été observés (quelques fractions de seconde) dans des accélérateurs de particules. En attendant leur baptême définitif par leurs découvreurs respectifs, ces derniers-nés portent encore les doux noms provisoires de ununtrium, ununpentium, etc. Mais d’où viennent les noms des 114 autres ?

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L’art du classement (1)

Classer, trier, ranger, ordonner… dans presque tous les domaines, on pourrait arguer que la science commence par ranger le monde.  Et en effet, avant d’élaborer des modèles, d’échafauder des théories, de bâtir des dispositifs expérimentaux, il est  souvent très utile de commencer par classer ce qu’on voit.

Dans plusieurs cas, c’est l’analyse attentive du rangement ainsi obtenu qui a  permis de faire le premier pas vers une explication. Mieux, aujourd’hui en physique des particules ce sont même les propriétés que l’on souhaiterait voir apparaître dans les classements qui permettent de prédire quoi chercher, et où !

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