En suivant la boussole

Nous sommes le dimanche 1er juin 1831. L’officier James Clark Ross plante le drapeau britannique sur un point quelconque de la côte ouest de la péninsule de Boothie. La latitude est 70° 05′ N ; la longitude 96° 46′ W. Rien que des cailloux, de la neige, et quelques igloos abandonnés. Mais ce point anodin, c’est celui vers lequel mènent toutes les boussoles du monde.

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Longitude: zéro

Aujourd’hui nous sommes dans l’East End londonien, au-dessus d’une boucle de la Tamise, en face des docks de l’île aux Chiens, aujourd’hui reconvertis en quartier d’affaires. Depuis la rive on aperçoit, au fond d’un joli parc arboré comme savent en faire les Anglais, un modeste bâtiment de brique, surmonté d’une grosse boule rouge sur un mât. Nous sommes à Greenwich: origine de l’espace, et origine du temps.

Le problème du siècle

L’Observatoire Royal de Greenwich est fondé en 1675 par le roi d’Angleterre Charles II. Dans quel but ? Perfectionner les mesures astronomiques avec les meilleurs instruments de l’époque. Mais pourquoi la position des étoiles intéresse-t-elle tant la Couronne britannique ? Parce qu’elle espère prendre un avantage décisif sur les mers, en trouvant la solution à un vieux problème, après lequel toutes les puissances européennes courent depuis longtemps: le roi Philippe II d’Espagne proposait déjà en 1598 une récompense à qui le résoudrait. Galilée, Newton, Halley, Huygens, Römer, Cassini… tout ce que l’Europe compte de savants renommés s’y seront attaqués. En vain.

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C’était pas le Pérou

chimborazoLe Chimborazo est l’un des plus hauts sommets de la Cordillère des Andes. À 6268 mètres d’altitude [1], en plein milieu du pays, c’est le point culminant de l’Equateur. Mieux, c’est l’un de ses symboles, et on retrouve son profil couvert de neige sur les armoiries et le drapeau équatoriens. Il est endormi depuis quelque 1500 ans, mais c’est bien un énorme édifice volcanique: plus de 20 km de diamètre! En plein sur la ceinture de feu du Pacifique, au-dessus d’une zone de subduction, ses éruptions étaient explosives, éjectant de grands panaches de cendres et de débris (comme le Vésuve, le Mont Saint-Helens ou encore le Pinatubo). Aujourd’hui il semble présenter peu de risques de réveil, et ses glaciers approvisionnent en eau les habitants de la région.

En 1802, Alexander von Humboldt, qui passait par là, s’essaya à l’ascension mais dut renoncer juste sous la barre des 6000 m. Presque 80 ans plus tard, c’est Edward Whimper qui débarqua en Amérique du Sud. Et après les Grandes Jorasses, après la Barre des Ecrins, après l’Aiguille Verte et le Cervin, c’est lui qui ajouta le sommet andin à sa longue liste de «premières». Pourtant, bien avant ces expéditions, le Chimborazo avait déjà fait la une chez les savants européens. Sur ses flancs s’était déroulée une expérience décisive pour l’avenir de la physique et des sciences de la Terre !

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