Les continents flottants

Les journaux ont récemment relayé un article paru dans la revue de la Société Géologique Américaine (GSA): les géologues considèrent que la Terre possède désormais un nouveau continent, Zélandia. Un continent paradoxal, puisqu’il est presque entièrement recouvert d’eau: ses seules émergences seraient les îles de Nouvelle-Zélande et de Nouvelle-Calédonie. Et si cette annonce [1] a fait autant de bruit, peut-être que le mythe de l’Atlantide et l’image toujours prégnante des continents engloutis n’y sont pas pour rien…

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Histoire des tas de sable

Dans sa correspondance, Gustave Flaubert a une phrase qui pourrait être une définition parfaite de la démarche scientifique: «Pour qu’une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps».  On pourrait soutenir qu’à l’instar de la démarche artistique, la science consiste à poser un regard différent, ou même à regarder —tout court, quelque chose que personne n’avait encore vu. Et ainsi de nouveaux sujets de recherche peuvent surgir là où on n’attendait rien. Un bon exemple en est… le tas de sable ! Lire la suite

Le père de Mars

À l’heure où j’écris ces lignes on ne sait toujours pas bien ce qu’il est advenu du petit module Schiaparelli, envoyé se poser sur Mars par la mission ExoMars de l’Agence Spatiale Européenne. Mais, mort ou vif, c’est une bonne occasion de chercher d’où vient un nom aussi peu familier ! Cherchant donc sur google, on a la surprise de tomber sur une maison de haute couture italienne… ce qui n’est pas si saugrenu, puisqu’elle a justement été fondée par la nièce d’un astronome ! Et celui-ci, Giovanni Schiaparelli, est rien moins que le père (peut-être malgré lui) de toutes les mythologies martiennes.

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Longitude: zéro

Aujourd’hui nous sommes dans l’East End londonien, au-dessus d’une boucle de la Tamise, en face des docks de l’île aux Chiens, aujourd’hui reconvertis en quartier d’affaires. Depuis la rive on aperçoit, au fond d’un joli parc arboré comme savent en faire les Anglais, un modeste bâtiment de brique, surmonté d’une grosse boule rouge sur un mât. Nous sommes à Greenwich: origine de l’espace, et origine du temps.

Le problème du siècle

L’Observatoire Royal de Greenwich est fondé en 1675 par le roi d’Angleterre Charles II. Dans quel but ? Perfectionner les mesures astronomiques avec les meilleurs instruments de l’époque. Mais pourquoi la position des étoiles intéresse-t-elle tant la Couronne britannique ? Parce qu’elle espère prendre un avantage décisif sur les mers, en trouvant la solution à un vieux problème, après lequel toutes les puissances européennes courent depuis longtemps: le roi Philippe II d’Espagne proposait déjà en 1598 une récompense à qui le résoudrait. Galilée, Newton, Halley, Huygens, Römer, Cassini… tout ce que l’Europe compte de savants renommés s’y seront attaqués. En vain.

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