Un pavillon de banlieue

Le pied le nœud la verge la toise le picotin le setier le gallon la coudée le pas la chaîne le sillon le grain le milion le clou le doigt la livre le journal la paume le gravet la canne la perche l’encablure la tonne le mille la pinte la brasse le li le carat le tonneau le clou la bougie la ligne la barrique la drachme le dextre la gille le fahrenheit le pouce l’aune l’arpent le conge la palme le boisseau l’once le réaumur la calorie l’acre l’empan la charruée…

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La chandelle et le phare

Il fait plutôt beau pour une fin octobre, et avec l’arrivée d’Orion on a d’autant plus envie de s’éloigner de la ville pour lever les yeux vers le ciel nocturne. Le froid pique un peu, et partout au-dessus de nous les étoiles scintillent. C’est normal: la turbulence dans l’atmosphère nous donne l’impression qu’elles gigotent un tout petit peu, mais elles ne clignotent pas vraiment. À moins que… ? Lire la suite

Il fait plutôt beau pour une fin octobre, et avec l’arrivée d’Orion on a d’autant plus envie de s’éloigner de la ville pour lever les yeux vers le ciel nocturne. Le froid pique un peu, et partout au-dessus de nous les étoiles scintillent. C’est normal: la turbulence dans l’atmosphère nous donne l’impression qu’elles gigotent un tout petit peu, mais elles ne clignotent pas vraiment. À moins que… ? Lire la suite

La marée n’attend pas

Nous sommes en 55 av. J.-C. Toute la Gaule est occupée par les Romains. Toute ? Ah ben non, la campagne de Jules César ne fait que commencer. Présentement, il est occupé à soumettre les Belges, qui comme chacun sait, de tous les peuples de la Gaule sont le plus brave[1].  Et en plus, ils reçoivent des renforts venus de la grande île de l’autre côté du détroit… voilà pourquoi César se décide à faire un tour en Bretagne (la grande). Il fait le fier, sur la photo, mais en fait les choses se gâtent rapidement:

Il se trouva que cette nuit-là même la lune était en son plein, époque ordinaire des plus hautes marées de l’Océan. Nos soldats l’ignoraient. L’eau eut donc bientôt rempli les galères dont César s’était servi pour le transport de l’armée et qu’il avait mises à sec. Les vaisseaux de charge, restés à l’ancre dans la rade, étaient battus par les flots, sans qu’il y eût aucun moyen de les gouverner ni de les secourir.

La Guerre des Gaules, livre IV.29

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La meilleure série du monde

Souvenez-vous: nous fêtons cette année les 250 ans de la naissance de Joseph Fourier, préfet de l’Isère, que nous avons laissé en 1822, alors qu’il était enfin parvenu, après des années d’efforts, à publier son monumental ouvrage sur la propagation de la chaleur.

Késako « la propagation de la chaleur » ? Rien de très sorcier, au premier abord. Par exemple, prenons une barre métallique, froide, et plongeons chaque extrémité dans de l’eau bouillante. Combien de temps faut-il avant que le milieu soit chaud aussi ? Il a donc fallu attendre le début du XIXe siècle pour enfin trouver l’équation qui décrit ce phénomène très simple. Sauf que pondre une équation, c’est bien… mais après, encore faut-il la résoudre !

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Le rouge et le blanc

Il y a déjà quelque temps, on avait parlé d’un chimiste hollandais qui s’était amusé à laisser pourrir un bol d’urine pendant quelques mois (oui parce que la science, parfois, prend des chemins saugrenus). Eh bien en fait il n’était même pas le premier à jouer à ça. À la suite de l’alchimiste allemand Hennig Brandt en 1669, ils sont plusieurs à tenter une drôle d’expérience alchimique avec de l’urine putréfiée. Spoiler: pas la peine d’essayer… non, ça n’aide pas à changer le plomb en or.

Par contre, on finit par obtenir une nouvelle substance blanche ou jaunâtre, qui brille un peu dans le noir, et s’enflamme de manière très vive. À l’époque les seuls « éléments chimiques » connus le sont depuis longtemps: ce sont les métaux courants, le soufre, l’arsenic et le carbone. Cette drôle de matière blanche est toute nouvelle; on va l’appeler phosphore : un très beau mot grec pour dire « porteur de lumière ».

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Des petits cailloux

Dans les années 1830, des milliers de paysans Boers décident de quitter la colonie du Cap, désormais gouvernée par les Britanniques, pour s’aventurer vers l’intérieur de ce qui deviendra l’Afrique du Sud. Parmi eux, un certain Daniel Jacobs et ses quelques chèvres, que ce Grand Trek amène au lieu-dit Hopetown. Son fils Erasmus passe ses journées sur les rives de la rivière Orange toute proche, et y ramasse de jolis cailloux: galets, grenats, calcédoines, agates… Un jour de printemps, en 1867, un voisin en remarque un, plus transparent que les autres, abandonné dans la poussière de la cour de ferme.

De main en main, le petit gravier se retrouve chez les experts du Cap, qui rendent leur verdict: c’est un diamant ! Un peu jaune, mais pas si petit que ça: 4 grammes, soit 21 carats. Ni une ni deux, il est taillé, et se retrouve derechef exhibé, sous le nom d’Eurêka, à l’Exposition universelle de Paris. Bien évidemment, ça n’est pas la première fois qu’on trouve un diamant… mais en Afrique australe, oui[1]. Et celui-ci va avoir plus de répercussions que tous les autres.

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Les oubliés des paillasses

Quand les scientifiques veulent rendre hommage à un de leurs brillants collègues, ils baptisent quelque chose à son nom. Une bestiole, une plante, une maladie qu’il a décrite; un théorème qu’il a démontré; l’équation ou la théorie entière qu’il a établie; la constante qu’il a introduite. Peut-être est-ce la consécration ultime: nombre de physiciens sont même  devenus des noms communs à travers une unité de mesure[1].

Et puis il y a des hommages plus discrets, pour des contributions peut-être plus modestes, mais qu’on utilise tellement tous les jours dans tous les labos du monde… qu’on en a fini par oublier qui étaient leurs auteurs ! On va faire un petit top 7 pour réparer ça.

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Jurassic Park reboot — DINO HUNTERS

Vous n’y avez sûrement pas échappé: en ce moment les dinosaures sont partout. Il y a un T. rex au Jardin des Plantes à Paris; en même temps sort le n-ième volet d’une série dans les salles de cinéma… et ce n’est peut-être pas un hasard, puisque cela fait aujourd’hui tout juste 25 ans qu’est sorti le premier Jurassic Park. Ce n’est pas que dans le scénario que le film de Spielberg ressuscitait les dinosaures: pour toute une génération, c’était le renouveau d’une mythologie paléontologique[1] un peu endormie depuis le Monde perdu de Conan Doyle et ses dérivés. Mais puisque c’est la mode des reboots, sacrifions-y et revenons aux sources !

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Une histoire très superficielle

Les insectes qui marchent sur l’eau des étangs, les poêles anti-adhésives, la mousse au chocolat, les enfants qui soufflent des bulles, les larmes du vin, les taches d’encre sur les buvards, les gouttes de rosée sur les toiles d’araignée, les tissus déperlants, les cheerios dans le bol de lait…

Les effets de la tension de surface sont partout autour de nous. Des dizaines d’observations très faciles à faire au quotidien… et pourtant pour les explications, il aura fallu un peu de temps !

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Les échos


Notre Terre ouverte comme un abricot, découpée en 3, 4 ou 5 couches: l’image ci-dessus est familière à beaucoup de monde, notamment aux fans d’un adorable paléo-écureuil aux dents longues. Pourtant, nous l’avions déjà évoqué: le forage le plus profond jamais réalisé a péniblement atteint les 12 km de profondeur: c’est une égratignure à l’échelle du globe, et de ses 13 000 km de diamètre !

Alors si on ne peut pas creuser, comment sait-on ce qu’il y a à l’intérieur ? C’est l’illustration parfaite de ce que sont beaucoup de problèmes de physique. Vous êtes devant une boîte noire, vous ne pouvez pas l’ouvrir, comment en deviner le contenu ? Un Croate, un Allemand et une Danoise: pour la Terre, ils auront été trois à s’y coller, en à peine 30 ans, au début du siècle dernier.

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