Un royaume à part

C’est une histoire de microbiologie qui commence avec des trappeurs et des chercheurs d’or. On planterait un décor de western dans le nord des Montagnes Rocheuses. Quelques bicoques en bois dans des bourgades qui s’appellent comme dans Lucky Luke: Diamond City. Gold Creek. Emigrant Gulch. Des vallées humides, froides et isolées, bien loin des convois de pionniers en route vers la côte ouest.Malgré des affrontements fréquents avec les Indiens, quelques aventuriers ont donc commencé à coloniser ce qui va devenir le Montana, c’est-à-dire le haut cours du Missouri. Parmi les affluents de celui-ci, il y a une grosse rivière que les Indiens Minnetaris appellent Mi tse a-da-zi. Ce que les Français, qui ont longtemps hanté les parages, avaient traduit par « Roche Jaune » [1]. Et les nouveaux arrivants… Yellowstone River.

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Un pavillon de banlieue

Le pied le nœud la verge la toise le picotin le setier le gallon la coudée le pas la chaîne le sillon le grain le milion le clou le doigt la livre le journal la paume le gravet la canne la perche l’encablure la tonne le mille la pinte la brasse le li le carat le tonneau le clou la bougie la ligne la barrique la drachme le dextre la gille le fahrenheit le pouce l’aune l’arpent le conge la palme le boisseau l’once le réaumur la calorie l’acre l’empan la charruée…

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Des petits cailloux

Dans les années 1830, des milliers de paysans Boers décident de quitter la colonie du Cap, désormais gouvernée par les Britanniques, pour s’aventurer vers l’intérieur de ce qui deviendra l’Afrique du Sud. Parmi eux, un certain Daniel Jacobs et ses quelques chèvres, que ce Grand Trek amène au lieu-dit Hopetown. Son fils Erasmus passe ses journées sur les rives de la rivière Orange toute proche, et y ramasse de jolis cailloux: galets, grenats, calcédoines, agates… Un jour de printemps, en 1867, un voisin en remarque un, plus transparent que les autres, abandonné dans la poussière de la cour de ferme.

De main en main, le petit gravier se retrouve chez les experts du Cap, qui rendent leur verdict: c’est un diamant ! Un peu jaune, mais pas si petit que ça: 4 grammes, soit 21 carats. Ni une ni deux, il est taillé, et se retrouve derechef exhibé, sous le nom d’Eurêka, à l’Exposition universelle de Paris. Bien évidemment, ça n’est pas la première fois qu’on trouve un diamant… mais en Afrique australe, oui[1]. Et celui-ci va avoir plus de répercussions que tous les autres.

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Jurassic Park reboot — DINO HUNTERS

Vous n’y avez sûrement pas échappé: en ce moment les dinosaures sont partout. Il y a un T. rex au Jardin des Plantes à Paris; en même temps sort le n-ième volet d’une série dans les salles de cinéma… et ce n’est peut-être pas un hasard, puisque cela fait aujourd’hui tout juste 25 ans qu’est sorti le premier Jurassic Park. Ce n’est pas que dans le scénario que le film de Spielberg ressuscitait les dinosaures: pour toute une génération, c’était le renouveau d’une mythologie paléontologique[1] un peu endormie depuis le Monde perdu de Conan Doyle et ses dérivés. Mais puisque c’est la mode des reboots, sacrifions-y et revenons aux sources !

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Le monstre ressurgi

Le jour se lève tout juste sur l’Océan Indien, ce matin du 22 décembre 1938. Au large du petit village de Kayser’s Beach, sur la côte orientale de l’Afrique du Sud, le bateau de pêche Aristea remonte une dernière fois ses filets avant de rentrer au port. Sur le pont s’étalent pas moins de 3 tonnes de poisson. Et dans la masse de moins en moins frétillante, un drôle de monstre bleuté. 1,5 mètre de long. 60 kg. Des nageoires hérissées de pointes et une gueule encore prête à mordre, malgré les heures passées hors de l’eau !

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Le vrai nom de la Bête

Voilà donc que le petit dernier dans l’impitoyable famille des réseaux sociaux a choisi un nom qui le destine peut-être à devenir l’équivalent des poids lourds d’internet: Mastodon. Version anglaise curieusement élaguée du mastodonte, terme qui en français a complètement perdu son sens originel pour devenir au sens figuré un synonyme de «personne ou objet de proportions gigantesques». Repartons donc sur les traces de la grosse bête pour une petite exploration paléonto-étymologique !

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Les continents flottants

Les journaux ont récemment relayé un article paru dans la revue de la Société Géologique Américaine (GSA): les géologues considèrent que la Terre possède désormais un nouveau continent, Zélandia. Un continent paradoxal, puisqu’il est presque entièrement recouvert d’eau: ses seules émergences seraient les îles de Nouvelle-Zélande et de Nouvelle-Calédonie. Et si cette annonce [1] a fait autant de bruit, peut-être que le mythe de l’Atlantide et l’image toujours prégnante des continents engloutis n’y sont pas pour rien…

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Histoire des tas de sable

Dans sa correspondance, Gustave Flaubert a une phrase qui pourrait être une définition parfaite de la démarche scientifique: «Pour qu’une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps».  On pourrait soutenir qu’à l’instar de la démarche artistique, la science consiste à poser un regard différent, ou même à regarder —tout court, quelque chose que personne n’avait encore vu. Et ainsi de nouveaux sujets de recherche peuvent surgir là où on n’attendait rien. Un bon exemple en est… le tas de sable ! Lire la suite

Le père de Mars

À l’heure où j’écris ces lignes on ne sait toujours pas bien ce qu’il est advenu du petit module Schiaparelli, envoyé se poser sur Mars par la mission ExoMars de l’Agence Spatiale Européenne. Mais, mort ou vif, c’est une bonne occasion de chercher d’où vient un nom aussi peu familier ! Cherchant donc sur google, on a la surprise de tomber sur une maison de haute couture italienne… ce qui n’est pas si saugrenu, puisqu’elle a justement été fondée par la nièce d’un astronome ! Et celui-ci, Giovanni Schiaparelli, est rien moins que le père (peut-être malgré lui) de toutes les mythologies martiennes.

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